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L’homme-cliché

Essai de Roland Huckel - 4 Mai 2007

1. A partir des techniques de détection de clichés vers le piège central

2. Les avatars des hommes–clichés

3. Références

Autoportrait - Huile de Roland Huckel
Roland Huckel, philosophe

Né, en 1923, à Strasbourg. Incorporé de force, en 1943, dans l'armée allemande Roland Huckel se bat sur le front russe et en Pologne, avant de rejoindre en 1945 le camp des prisonniers français de Tambov.

Après la guerre il entreprend une longue carrière d'enseignant, d'abord en Alsace - Centre Mertian d'Andlau, Ecole des Frères à Matzenheim, Ecole Sainte Madeleine, Ecole de la Ziegelau, Ecole de Cronenbourg - puis à Agadir au Maroc, pour terminer sa carrière comme professeur de philosophie au Lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg.
 
Bibliographie de Roland Huckel
 

Avant-propos

Comment nos «idées reçues» créent des clichés

Je constate tous les jours que je ne suis pas seul à surveiller les préjugés réciproques qui troublent nos rapports avec les personnes de notre entourage. Je lis dans la presse qu’à Séville, début 2006, 1'500 imams et rabbins du monde entier se sont rencontrés et ont cherché les moyens de travailler ensemble à la paix (à l'initiative de la Fondation Hommes de Paroles). A cette occasion, le Grand Rabbin de Norvège, Michael Melchior, a évoqué son projet Mosaica auprès de 1'500 élèves d’écoles de Jérusalem : son enquête étudie le contenu des ouvrages scolaires «afin de briser les stéréotypes» réciproques des Musulmans et des Juifs. Bravo !

Je lis la même ambition anti-stéréotypes dans le manuel d’histoire, commun aux classes terminales des lycées de France et d’Allemagne depuis 2006: «Histoire. L’Europe et le monde depuis 1945»1. Les rédacteurs ont dépassé le stade des «manuels nationalistes» d’usage des deux côtés du Rhin pour en finir avec les préjugés séculaires qui brouillaient les images réciproques des deux grands pays européens depuis des siècles et qui jetaient de l’huile dans le feu de leurs conflits. De l’avis de mes collègues, le projet est réussi, l’essentiel est dit … même si mes amis 0spécialistes ont quelques critiques à formuler sur l’un ou l’autre chapitre.

Ces deux projets le montrent : nous commençons à nous méfier des mots courants, que l’habitude nous souffle à l’oreille. Nous ne souhaitons pas que des mots parasites se glissent entre les lignes et faussent nos messages.

* Mais la problématique des préjugés est vaste, entre le racisme et les rêves de supériorité ! Toutes les idées reçues ne sont d’ailleurs pas des erreurs. Exemple récent d’a priori négatif : un ministre vient de déclarer que la tendance à la pédophilie et au suicide est déterminée par des gènes; démenti formel du généticien Axel Kahn, dont les idées reçues, que je trouve positives, sont le produit de longues études. Notez que la résonance scientifique, véhiculée par le mot «gène» actuellement, en fait un excellent cliché dans nos arguments !

* Je ne vais pas arbitrer de tels désaccords : je me contente ici de décrire les mécanismes à l’œuvre dans l'usure des mots, répétés pendant de longues périodes. Je montre pourquoi les paroles, trop souvent entendues, perdent leur sens original, deviennent incontrôlables et agissent alors comme des virus dans l'ordinateur.

* Je signale aussi l’efficacité des clichés dans la promotion des personnes, visées et encensées : ils agissent alors comme des vitamines des organismes sociaux; ils assurent le prestige des leaders en provoquant la chute des concurrents !

* Dans les deux cas, comme virus et comme vitamine, le cliché risque de nous instrumentaliser, de nous dicter notre conduite et de nous priver de notre liberté d’agir … A surveiller donc !

Chacun peut découvrir ces deux mécanismes dans sa vie et dans la société en général, dans les discours profanes autant que sacrés. Je ne peux ici que donner un déclic à cette prise de conscience en analysant les rapports entre «les clichés et moi».

Mais le parc des réalités, minées ou organisées par les clichés, est infini dans le temps et dans l’espace … J’y ai donc choisi quelques thèmes majeurs : la nature et la fonction, les structures hiérarchiques et la protection, la liberté et la satire, la foi et le doute …

Voici les clichés les plus significatifs que j’ai recensés dans mon environnement : je les montre en situation vécue pour montrer leur genèse et expliquer leurs effets.

* Depuis quelques années s’amplifie la poussée des clandestins qui essaient par tous les moyens de rejoindre l’Europe, la nouvelle «Arche de Noë» pour les naufragés de l’Afrique et de l’Orient ! Les reporters signalent que les connaissances de ces candidats sont du niveau de la «carte postale» ! «En France, en Italie … tout le monde il est beau … tout le monde il est bon !». En faveur de la comparaison que font ces Maliens, Sénégalais ou Ukrainiens avec ce qu’ils ont quitté, évidemment tout semble meilleur dans les pays dits développés !

La déception est grande au premier contact avec la réalité.

- La dangereuse traversée de la Méditerranée ou de l’Atlantique!

- Puis la menace des retours immédiats en avion vers les pays d’origine !

- Dans les meilleurs cas, travail au noir mal payé dans des plantations …

- Ruses quotidiennes pour échapper à la police …

- Le piège des Centres de Rétention Administrative …

Les beaux clichés apportés d’Afrique ou de l’Orient s’évanouissent les uns après les autres …

* Alors je me souviens de la «carte postale» que j’avais en tête, moi-même, au moment de faire le trajet inverse de celui des immigrés, de l’Europe vers l’Afrique. C’était en 1963 alors que je me préparais à servir à l'étranger en tant que professeur coopérant, en lettres d’abord puis en philosophie par la suite. J’avais pourtant pris mille précautions pour m’informer objectivement sur le pays à choisir : je me suis rendu pendant huit jours à la Bibliothèque Nationale de Strasbourg pour étudier l’histoire, la géographie et la sociologie des pays d’Afrique …

C’est donc en toute connaissance de cause – je le croyais du moins – qu’en discussions avec mon épouse, j'avais choisi d’aller travailler au Maroc, exactement dans un Lycée d’Agadir ! Notre motif d’expatriation était clair : l’aîné de nos deux fils a subi un handicap à la naissance; nous pensions améliorer sa santé fragile par le climat atlantique, recommandé par les médecins. Je comptais surtout sur le micro climat de cette côte du sud, encore peu connu du tourisme

Avant le départ, j’ai passé par un stage d’une semaine à Marseille pour écouter les experts universitaires du Maroc nous énumérer ce que nous allons trouver sur place, ce qu’il fallait faire et ne pas faire : toute discussion, théologique et politique, avec les élèves nous était évidemment déconseillée. J’étais donc sûr au départ de tout savoir sur mon pays d’accueil !

Dès mon arrivée sur le sol africain, j’ai pourtant compris ma profonde ignorance … Mon Afrique restait celle des cartes postales coloniales ! Chez moi aussi, les beaux clichés se sont évanouis très vite ! Mon paysage onirique de départ me montrait «des palmiers partout et dans leur ombre, des chameaux qui faisaient semblant de mâcher du chewing-gum» ! Et, à l’évidence, rien de tout cela n’existait ni à Tanger ni le long de la route vers Casablanca …

* Au cours du voyage, vers midi, nous avons aperçu un «Café de France». La référence à la France nous a donné confiance : «Quel bonheur, on va être comme dans un petit restaurant de chez nous ! ». A notre entrée, le gérant nous annonça qu’il y avait de la viande et des légumes. Puis un plat rond et fumant fut posé devant nous : patients, nous attendions le couvert. Un voisin se leva et nous dit qu’ici on mangeait sans couvert mais qu’il allait discuter avec le patron. Celui-ci arriva et nous apporta tout ce qu’il avait : deux fourchettes usées dont il manquait des dents. Heureusement notre caravane était garée devant la porte et j'ai pu chercher nos couverts …

Voilà encore un cliché en l’air, une notion à changer : les coutumes françaises ne sont pas universelles au monde, même pas dans un ancien protectorat !

* Pis, quand j’approchais de ma destination après trois jours de voyage en Afrique, je fus extrêmement déçu car les forêts autour de la cité, que montraient mes cartes Michelin, je ne les ai pas trouvées. C’était pourtant l’image que j’avais, dans mes rêves, attribuée à la capitale du Souss, l’ombre de milliers de grands arbres, de palmiers évidemment, autour de la ville ! Je n’ai trouvé sur place qu’un territoire, planté de petits arbres rabougris et épineux, appelés arganiers, à une dizaine de mètres les uns des autres !

Le concept «forêt», je le sais maintenant, peut faire rêver et nous induire en erreur; il a fonctionné chez moi, admirateur des grands sapins vosgiens, en cliché romantique !

* Autre grande déception : les lycéens étaient presque tous plus âgés que ceux que j’ai connus chez nous et, surtout, leur niveau en français était très lacunaire. Nous étions une douzaine d’enseignants à nous demander comment amener ces jeunes au niveau du bac français en quelques mois ! Là aussi, sur le plan professionnel, il me fallut déchanter et réviser mes idées reçues, trop optimistes

Par contre, les jeunes gadiris, garçons et filles dans une même classe, étaient sympathiques et pleins de bonne volonté : j’avais une grande satisfaction à travailler avec eux. La difficulté que j’ai rencontrée, c’était leur habitude de répéter les stéréotypes moralisateurs de leur milieu au lieu de réfléchir au thème précis à traiter : ils n’étaient donc pas tous ouverts à ma démarche d’analyse rigoureuse des concepts. Mais ils étaient très attentifs et quelques uns étaient doués pour la rédaction d’idées abstraites. Les nomades, eux, parlaient peu mais quand ils prenaient la parole, ils pouvaient me répéter mot à mot mes propos et recommandations : j’étais stupéfait ! Ces jeunes étaient convaincus d’avoir beaucoup à apprendre et ils s’y appliquaient de leur mieux.

N’ayant pas l’occasion de discuter des problèmes internationaux avec leurs familles, illettrées et rurales à 80 %, ces jeunes arabes, berbères et «hommes bleus», me bombardaient de questions : ils voulaient connaître le monde extérieur au Maroc, les civilisations et les philosophies lointaines … ! Les heures de cours étaient trop courtes ! Il me fallait faire attention à ne pas sortir du cadre, fixé par les programmes («De Platon à Sartre»). Là aussi, je m’étais trompé en m’attendant à un auditoire peu curieux de questions abstraites : j’ai dû corriger les fantasmes pessimistes nés de mes craintes …

* J’ai eu la chance de faire connaissance avec Michel Lux, un ex coopérant français, converti à l’Islam à 17 ans, marié à une marocaine et Hadj. Il faisait partie d’une communauté de Soufis et m’a expliqué comment il interprétait sa vocation mystique. Il a initié mon fils cadet à l’équitation. Il m’a fourni en livres sur le traditionalisme : par exemple l’ouvrage de René Guénon «Le règne de la quantité et les signes du temps» (Gallimard 1945) (j’en ai retenu notre «faim quantitative de biens en Occident moderne» …). Je lui ai montré les premières dissertations, écrites par mes élèves, auxquelles je ne comprenais que la moitié. Il m’a montré les figures de style, très poétiques, en usage dans la langue arabe. Il m’a fait admirer la richesse de ce vocabulaire : des dizaines de mots pour désigner les chevaux ou les épées … Il m’a donné les principales clés de compréhension des écrits lycéens. Intrigué par cette belle langue, j’ai essayé de l’apprendre en prenant des cours. Malheureusement, par faute de temps j’ai dû renoncer. Il aurait d’ailleurs été plus urgent d’apprendre le parler berbère que j’entendais autour de moi dans le Souss.

Mes discussions avec Michel Lux et avec les collègues marocains ont attiré mon attention sur l’impossibilité de parler de «clichés» à propos d’expressions consacrées (comme Inch’Allah) : ces paroles sacrées, même débitées automatiquement, ont une valeur mystique, indépendante du contexte et de l’intention des locuteurs … Dire que ces paroles peuvent par leur répétition devenir des «clichés» serait ressenti comme une profanation ! Cette valeur des mots sacrés - ou des «moulins à prières» au Tibet - serait incompréhensible à un athée … Voilà donc une frontière, fixée à mes recherches …

A l’époque, en 1963, sept ans après le début de l’indépendance du Maroc, la communauté française, restée sur place dans le Souss, comportait encore un millier de personnes, principalement des planteurs d’orangers et de primeurs, mais aussi des médecins, des architectes, des ingénieurs, des commerçants … des enseignants, des prêtres et des sœurs catholiques (avec une Ecole de Sœurs, qui a accueilli mes deux fils et où j’enseignais le latin, et deux églises, catholique et protestante). Une petite colonie d’Espagnols, ayant fui le franquisme, s’était installée dans le Souss.

* Le Rotary Club s’était formé et m’avait invité à tenir plusieurs conférences, à expliquer le «stress», mais aussi les moeurs animales, revues par Konrad Lorenz et surtout Marshal Mac Luhan et sa «Galaxie Gutenberg». Ayant parlé une fois des «philosophes arabes», j’ai été étonné des réactions des Français d'Agadir :

«Il n’y a pas de philosophes arabes : de qui parlez-vous ?»

* Fonctionnait aussi une petite équipe, fidèle aux principes du groupe de l’Arche; elle m’avait invité à une visite de son fondateur, le poète Lanza del Vasto. J’ai été présenté à ce disciple de Gandhi comme le «philosophe d’Agadir». J’étais encore le seul professeur dans cette spécialité à cette époque dans le sud marocain : j’ai donc précisé que j’étais seulement un apprenti philosophe. A la question du sage : «Avez-vous lu mon livre sur la Trinité ?», j’ai répondu non. A quoi il a répliqué que je n’étais même pas apprenti dans ma spécialité ! (J’ai lu ce livre par la suite et n’ai rien appris !). Depuis cette rencontre, je sais comment raisonne un gourou monomaniaque, distributeur de leçons gratuites…Je comprenais mieux par la suite comment les réformateurs et sauveurs de l’humanité commencent par nous mépriser pour se valoriser et nous surprotéger !

* J’ai surtout beaucoup appris lors des visites chez moi du Franciscain Frère Antoine, le curé de la paroisse d'Agadir. Parlant le berbère, il connaissait mieux que quiconque l’état d’esprit de mes élèves et il me révélait quelques aspects que je n’avais pas remarqués, comme le fonctionnement des «marabouts» guérisseurs, nombreux dans la région, et le rôle des «saints» (les «agourams») dans chaque village, mais aussi les nuisances de marocaines, se livrant à la sorcellerie … J’avais aussi beaucoup de questions à lui poser. Il a organisé plusieurs soirées de réflexions dans des salles de cinéma, que je présidais (sur les prières, chrétiennes et musulmanes par exemple ou sur le chantage et l’aliénation) …

Grâce à lui, j’ai appris que notre concept de «faute à confesser et à réparer» ne coïncide pas avec le concept musulman de « faute, honte d’avoir été maladroit …».

De même notre concept chrétien de «croire» par un acte intime, individuel et libre, ne coïncide pas avec le concept musulman de « croire par une déclaration rituelle obligatoire» …

Aumônier de la prison d’Essaouira (ex - Mogador), le Frère Antoine me pria de traduire en français un texte de justification d’un touriste, ingénieur allemand, amoureux fou de Khadija, une prostituée de Kenitra, mais suspect d’avoir tué un enfant marocain, alors qu’il prétendait avoir été drogué par la grand-mère … Nous n'avons pas pu éviter sa condamnation à dix ans de prison. Mon intervention m’a appris ce qui se passait dans les bas fonds de la société marocaine, ce dont je ne soupçonnais rien dans ma tour d’ivoire de fonctionnaire ! J’en ai retenu la leçon qu’il ne suffit pas d’être Docteur en Physique si l’on veut voyager seul, qu’il vaut mieux connaître les lois de la rue et celles de la pègre !

* J’ai aussi appris beaucoup au contact de quelques intellectuels marocains. Après avoir lu avec intérêt sa thèse : «La représentation de l’espace chez le marocain illettré» (Editions Anthropos, 1974), j’ai rendu visite à l’auteur, Mohamed Boughali, à Marrakech. J’ai été très impressionné par le personnage et par son épouse, professeur de philosophie : j’ai compris alors le rôle que nous avons joué dans la formation de l’élite marocaine par la langue française.

* Les lycéens Européens, en minorité au Lycée Youssef Ben Tachfin, étaient moins motivés que les élèves Marocains pour le travail scolaire et moins respectueux pour les enseignants : ma position m’obligeait cependant à leur enseigner le latin et l’allemand (avec six élèves par classe). Les parents évitaient ainsi de les envoyer dans un Lycée de Marrakech.

* Malgré les petits inconvénients, inévitables dans une telle situation d’expatrié, j’ai  prolongé mon contrat initial de deux ans et, vu la guérison totale de mon fils aîné, je suis resté durant quinze ans dans cette belle ville d’Agadir, en rapide reconstruction après le séisme de 1960.

Mais plus je me faisais des amis au Maroc, moins je comprenais l’objection que m’avaient présentée quelques copains avant mon départ : «Tu es fou de t’installer avec un enfant malade chez les sauvages !».

Ma lutte contre les clichés et les a priori racistes  a commencé avec ces jugements, rapides et absurdes !

* La vie nous corrige de nos images stéréotypées dont le charme fait succomber même les personnes les plus averties : j’en suis la preuve! Elle nous corrige moins des effets de nos rêves, d’où surgissent des images, soit trop belles soit trop pessimistes. Notre problème, c’est que nous aimons nous mentir à nous-mêmes secrètement pour nous protéger des affreuses réalités !

* C’est ce que m’ont rappelé mes aventures de guerre, qui m’avaient guéri de pas mal d’illusions de jeunesse, avec la question lancinante : mais au fond qui tuons-nous sur les champs de bataille ? A quels clichés succombons-nous face aux ennemis ? Alors je me suis mis à mentionner ce qu’il m’était arrivé de 1939 à 1945….

* Il est important de distinguer de prime abord «idées reçues» et «clichés». Je ne me fais pas d’illusion : je ne peux pas aider les lecteurs à éviter les idées reçues - j’en ai moi-même que mes critiques se plairont à découvrir - mais j’ai au moins l’espoir de les aider à détecter la plupart des clichés gênants.

Car avouer que nous avons des «idées reçues» en tête, ce serait confesser notre faiblesse. Difficile !

Mais regretter d’être victime des «clichés» usuels, c’est accuser les autres – tout le monde - de nous les avoir transmis. Rassurant !

 

 

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