-
-
- Le
concept de "secte" nous paraît de
plus en plus inutilisable et conflictuel, apportant
plus de confusion que de clarté. L'historien
de Sarreguemine, Mr B.Blandre, le remplace par le
terme "MOUVEMENT RELIGIEUX"; le pasteur
Haack de Munich distingue "JUGENDRELIGION"
de "PSYCHOKULT" et de "GURUBEWEGUNG";
Mme JEANDROZ du Comité de Documentation et
d'Information sectes de Grenoble a choisi le terme
"GROUPE".
-
- Celui-ci
a l'avantage de montrer de manière explicite
la réalité vécue :chacun de
nous, de quelque religion qu'il soit, est entouré
surtout par un "GROUPE" de personnes dans
son environnement immédiat, dans le court
terme loca : une douzaine de condisciples, un responsable
religieux ou deux, c'est tout. A long terme, le
dimanche par exemple, chacun rencontre la communauté
entière. Ce n'est qu'exceptionnellement,
une ou deux fois dans la vie que l'on rencontre
le grand maître spirituel.
-
- La
réalité des groupes,c'est surtout
leur diversité et leur instabilité.
Dans la même communauté, je peux me
trouver dans une équipe dynamique et chaleureuse;
je peux aussi l'année suivante, évoluer
dans un groupe inerte et peu convivial.
-
- Voilà
pourquoi je propose de mettre sur le banc d'essai
le terme de "groupe" en désignant
ainsi, non la communauté dans sa totalité
(par exemple l'église universelle de dieu,
installée en France), mais la rencontre régulière,
en un lieu et un temps précis, de personnes
réelles partageant la même formule
de foi.
-
- Le
groupe est donc d'abord géographique et historique;
par ses compléments-ex : groupe mooniste
de Lyon-sud, groupe raélien de Lille-ouest;-
il indique le système de croyances partagées.
Si c'est nécessaire il est possible de dater
les indications :ex :le groupe Ecoovie Paris 13ème,
1984.
-
- Cité
sans complément, par exemple "groupe
Ecoovie", le concept prend un extension maximale,au
dos d'un classeur par exemple ou dans une énumération
dans un très long terme. Il est neutre et
n'implique ni approbation ni condamnation; il est
même adopté par les mathématiciens
(dans la théorie des groupes).
-
-
- Beaucoup
d'études récentes essaient de cerner
la réalité des "sectes"
par des critères plus ou moins objectifs.
C'est nécessaire. Nous avons adopté
la définition de l'UNADFI-Paris
avec ses deux jalons de MANIPULATION ET D'ESCROQUERIE.
-
- C'est
cependant insuffisant à l'usage. Des essais
récents ont reconnu la nécessité
d'un autre paramètre; la mesure de l'intensité
ou de "dangerosité" des différents
groupes Un article de presse "PRO JUVENTUD"
traduit par le CDIS de Grenoble, propose de considérer
dans toute description d'un groupe idéologique
3 degrés progressifs, A, B et C : il évalue
la quantité des dommages économiques
et physiques.
-
- ex
:
- DEGRE
A : PEU DE DOMMAGE (Les Mormons entre autres)
- DEGRE
B
: DOMMAGES IMPORTANTS (Les Témoins de
Jehovah, ...)
- DEGRE
C : DOMMAGES IMPORTANTS + VIOLENCES PHYSIQUES
- C'est
cette catégorie de graduation qui me paraît
à présent indispensable à coté
de l'identification d'un groupe. A condition de
ne pas généraliser trop vite et de
rester fidèle à la description de
la réalité particulière du
groupe désigné.
-
- Dans
la même communauté de méditation
transcendantale par exemple, nous trouvons des groupes
de degré A, qui représentent les fidèles
pondérés, réservés,distinguant
nettement le profane du sacré, les jours
ouvrables des fêtes, mais aussi des groupes
de degré B et C, ce dernier étant
celui des fanatiques, prêts à se ruiner
économiquement et physiquement, voyant du
sacré partout et tous les jours, vivant dans
la non-dualité et l'absolu.
-
- 1)
Au lieu de se référer à un
critère unique (les dommages observables
et mesurables) il vaut mieux en utiliser plusieurs,
deux, trois au plus.
-
- L'une
des catégories les plus adéquates
dans ce genre d'évaluation, me semble être
le DEGRE d'EXTREMISME, RELIGIEUX OU IDEOLOGIQUE,appliqué
réellement dans chaque groupe distingué.
-
- -
Le degré A désigne alors tous les
groupes dont les membres gardent un comportement
équilibré, non violent, modéré,
respectueux de la personnalité des autres,
gardant le sens réaliste de de la relativité
...
-
- -
A l'autre extrême le degré C se rapporte
aux groupes dans lesquels les fidèles ont
un comportement excessif ou violent, dans le cas
d'une résistance ou contradiction extérieure,
donnant la priorité absolue à un aspect
particulier de leur théorie (soit le prosélytisme
soit l'activité financièrement rentable
soit l'interprétation biblique ...)
-
- Il
serait peu pertinent de dire que telle personne
vit dans une secte nocive car elle peut bien, à
l'intérieur de ce que nous appelons globalement
"secte nocive" de degré C, vivre
dans un groupe de degré A, où elle
n'est virtuellement menacée qu'à long
terme et non dans l'immédiat.
-
- Il
est en fait relativement difficile d'évaluer
le danger latent dans la phase d'approche et de
séduction que beaucoup de sectes ont l'habitude
d'utiliser, pour attirer leurs futurs membres sans
toutefois risquer d'éveiller leur méfiance.
Il s'agit très souvent d'une préparation
de terrain d'apparence banale et innocente.
-
- Je
pense que ce que l'on appelle la "masse"
des fidèles d'une paroisse ou d'une communauté
quelconque, représente la grande majorité
des membres qui forme le groupe de DEGRE A, poids
lourd et inerte, problème pour tous les meneurs.
Chaque responsable d'un groupe, religieux, politique
ou associatif, traîne ainsi un pénible
boulet, une majorité silencieuse, un peloton
peu fiable de blasés et d'abstentionnistes,
parfois 80 % des cotisants ... prêts seulement
à de petits sacrifices financiers (ou
dommages économiques qui apaisent leur conscience
...).
-
- Le
degré A représente le réservoir
passif en personnes, le grand souci des chefs de
file :c'est le degré de la modération.
l'extrémisme ne s'observe que dans le peloton
de tête, parmi les fonceurs; DEGRE C
-
- Les
dommages économiques et physiques dont parle
"PRO JUVENTUD" sont englobés dans
ce critère de l'extrémisme progressif
et suivent le même vecteur. Le modéré
n'est pas disposé à de grands sacrifices
ou à des privations physiques, à des
souffrances régulières alors que le
disciple passionné donne plus que ce qui
lui est demandé et va au devant de situations
douloureuses et risquées, les exige même,
il accepte les coups, le martyre même s'il
le faut.
-
- 2)
Deuxième critère important et significatif
: l'enbrigadement qu'effectue chaque groupe dirigé
par un gourou.
-
- L'''encasernemement'',
moral ou concret, est un facteur commun à
tous ces groupes:mais selon des degrés divers.
Entre l'église universelle de Dieu qui réunit
une fois par semaine,au maximum, ses fidèles
et le groupe AAO qui retient son élite dans
la commune de Friedrichshof, nous trouvons de nombreux
groupes intermédiaires.
-
- C'est
là que réside la différence
principale entre les grandes religions socio-historiques,
à l'ouverture maximale (chacun pouvant y
entrer et en sortir impunément sans crainte
de représailles) et les communautés
de type quartier général de scientologie,
pour lesquelles on est suspect en entrant et traître
en sortant.
-
- Entre
le premier critère ( modération et
extrémisme) et le deuxième, (ouverture
et enfermement) il n'y a pas de hasard mais une
relation régulière de cause à
effet. Les extrémistes, dans tous les domaines,
forment un comité restreint, méfiant
sur le mode du complot secret :c'est la relation
berger et chien face au troupeau placide. La discipline
y est quasi militaire. Par contre à la base,
dans la clientèle de Raja yoga par exemple,
il y a ouverture maximale, c'est à dire aussi,
au moins au début, liberté totale,
volontariat et bénévolat ...
-
- 3)
Le critère décisif est purement psychologique.
-
- Au
début, le candidat à un groupe est
dans une situation modérée et ouverte,
avons nous dit. II peut encore être méfiant
et se demander s'il ne s'engage pas dans un piège,
s'il ne va pas à un moment donné,
perdre sa dignité et sa liberté de
jugement. La PRISE DE CONSCIENCE DU DANGER VICTIMAIRE
est possible à ce stade et fait hésiter
plus d'un néophyte.
-
- Les
gourous sont de fins psychologues, très efficaces
en tout cas par l'utilisation de moyens psychotechniques
: ils connaissent cette méfiance d'où
leurs efforts de séduction par les plus belles
promesses.
-
- Une
fois initié lors d'un stage à Paris
ou à Tokyo, le membre du groupe Mahikari
par exemple n'a plus guère qu'une chance
sur dix de retrouver cette sensation de se mettre
en danger : la puissance de sa médaille le
rassure. La magie est plus puissante chez nous,
les humains, que la raison.
-
- Devenu
EXTREMISTE dans son comportement, ENFERMÉ
dans son groupe, mentalement et moralement, le mahikariste
militant a perdu complètement la CONSCIENCE
DU DANGER VICTIMAIRE : au contraire, il se sent
gagnant sur tous les fronts, il se sent bénéficiaire
...
-
- 4)
Voilà le tracé de l'itinéraire
de tout membre d'un groupe.
-
- Au
départ la situation est caractérisée
par trois plans : MODERATION-OUVERTURE ET PRISE
DE CONSCIENCE DU DANGER VICTIMAIRE : DEGRE A.
-
- A
la fin, le membre actif du groupe, le militant,
se trouve dans la situation opposée : EXTREMISME-ENFERMEMENT
ET PERTE DE LA CONSCIENCE DU DANGER VICTIMAIRE :
DEGRE C.
-
- Quelle
est alors la situation intermédiaire, le
DEGRE B ?
-
- C'est
là qu'interviennent les manoeuvres des responsables
de groupe, ce que l'UNADFI appelle la MANIPULATION
MENTALE ET L'ESCROQUERIE MORALE. D'abord victime
de ces opérations malhonnêtes, l'adhérent
à un groupe se voit confier l'initiation
des nouveau-venus et le voilà à son
tour, en train de séduire le postulants en
créant autour de lui un climat cool, etc...
Le manipulé devient manipulateur.
-
- Trois
mécanismes
sont donc à distinguer au niveau intermédiaire
:
- entre
la modération du débutant et l'extrémisme
du disciple
engagé corps et âme, se situe le ticket
numéroté pour une place réservée
dans un ciel quelconque :c'est L'ESCROQUERIE.
- entre
l'ouverture et la liberté de choix du néophyte
et le maintien en couveuse artificielle,l'''enfermement'',
se situe la MANIPULATION MENTALE, qui pose un cadenas
à notre machine à penser (voire qui
la force à penser selon le cadre de référence
d'un autre au détriment du nôtre).
- enfin,
entre la méfiante prise de conscience du
danger victimaire, et la perte totale de cette conscience
du fanatique, nous trouvons le mécanisme
de la MISE EN CONFIANCE qui peut aller jusqu'à
la SEDUCTION organisée.
Je
compte que sur
l'expérience pour affiner tous ces critères
ici et qui me paraissent aujourd'hui constituer
une
synthèse.
- De
l'ensemble à l'élément,
même mécanisme ...
-
- 5)
Les
trois paramètres de concepts proposés
pour décrire et classer
les groupes pseudo-religieux, s'appliquent aussi
aux individus considérés isolément.
-
- C'est
là leur avantage. Il sont les jalons du parcours
de toute victime : je propose de les désigner
par les minuscules,a,b et c. Une
personne ne devient membre d'un groupe que par étapes
et elle n'en ressort que par des paliers. Au début
elle est MODERÉE, OUVERTE (libre) et méfiante,
CONSCIENTE
encore du danger VICTIMAIRE / DEGRÉ "a".
-
- Puis
elle est soumise à l'influence des militants
qui la prennent en charge et qui lui promettent
une place quelconque au ciel ... DEGRE
"b".
-
- Finalement,
elle est EXTREMISTE, ENFERMÉE et se sentant privilégiée
par Dieu, elle a perdu toute CONSCIENCE DU DANGER
VICTIMAIRE. DEGRE "c".
-
- Toute
la finalité de l 'ADVS (Association de Défense
des Victimes de Sectes - Wissembourg -1988) et des comités
similaires se situe dans le retour sur cet itinéraIre,
de "c" par" b" jusqu'à la
situation "a" de modération, d'ouverture
et de compréhension du danger des gourous.
-
- Chaque
comité forme d'ailleurs lui même un
groupe, soyons en bien conscients. Nous trouvons
nous aussi des membres très passifs,"degré
a" et des fonceurs dans le comité, "degré
c", avec de nombreuses nuances intermédiaires.
Nous
aussi, nous sommes obligés de passer par
le "degré B", phase manoeuvrière.
-
- Les
parents
et conjoints des victimes de groupes religieux forment
des groupes A,B ou C, suivant leur degré d'extrémisme
(j'en
connais qui ont lancé des bombes lacrymogènes
dans les salles du royaume des témoins de
jehovah). De même les équipes anti-sectes
nocives passent par tous les stades de l'action
sociale,du sang froid des décisions
brutales à la fièvre des initiatives
exceptionnelles. Comme à Machiavel, tous
les moyens nous paraissent bons s'ils justifient
une finalité morale et légale : la
déprogrammation
dure et radicale est une tentation permanente, une
pulsion inévitable devant la tragédie
dont nous témoignent souvent les victimes
et pourtant nous sommes obligés de nous réprimer
violemment au nom des droits de l'homme.
-
- Au
lieu de parler de "grandes ou petites "victimes
de sectes "inoffensives ou nocives",
je propose d'abord de parler de groupes précis,
par exemple :GROUPE TEMOINS DE JEHOVAH DE WISSEMBOURG
1988; ensuite d'utiliser e
code conventionnel à 3 degrés
avec deux échelles.
-
- L'échelle
de niveau pour les GROUPES de A par B à C;
c'est
le mécanisme de la capture d'une victime.
-
- Et
l'échelle
de niveau pour les INDIVIDUS de a par b à
c; c'est le mécanisme qui conduit au militantisme.
-
- Enfin
le sens inverse dans les deux échelles de
C vers A et de
c vers a , notre but, la défense des victimes
de sectes ainsi que celui de l'association de défense
de la famille et de l'individu (UNADFI), du comité
contre la manipulation mentale ou encore des Elterninitiativen.
C'est
l'équilibre retrouvé.
-
- Notre
action se situe donc aux niveaux "B"
et "b".
-
- -
A
l'extrémisme nous opposons une ANALYSE DE
LA RÉALITÉ, intérieure au groupe nocif,
nous
révélons l'immoralité des célèbres
moralisateurs publics, leurs incohérences
idéologiques ou théologiques, etc
...
-
- -
Nous
désenclavons les victimes de leur vision
en noir et blanc du monde ,en leur découvrant
les nuances de la réalité par des
INFORMATIONS COMPLÈTES auxquelles elles n'avaient
pas accès, toutes les archives des groupes
sectaires étant censurées ou taboues;
en
particulier, nous montrons les, aspects inavouables
de la fondation du groupe maléfique ...
-
- -
Enfin,
le plus difficile pour nous est à la fois
de supprimer les réflexes acquis dans le groupe
idéologique (habitudes de penser avec
un vocabulaire imposé, les interdits comportementaux
et alimentaires, les goûts et dégoûts,
etc...)
et de
les remplacer par le système de réactions
que la personne possédait antérieurement
ou qu'elle choisit librement. Il s'agit de transformer
l'aventure sectaire en une parenthèse, de
fermer celle-ci, c'est-à-dire de la réduire
à un accident de parcours qui n'empêche
pas de poursuivre la route.
-
- Le
tableau suivant essaie de contracter en style télégraphique
tous les jalons de la capture puis de la libération
des victimes de sectes : il veut montrer les
DEGRÉS D'INTENSITÉ des mécanismes
et les SÉRIES PROGRESSIVES DES DEGRÉS, comme un
thermomètre (ou un baromètre).
-
- Ces
conventions veulent faciliter les discussions sur
les
phénomènes de "sectes" et
les préciser par une
grille codée. En
aucun cas elles ne
constituent une position idéologique ou une
théorie des groupes religieux. Elles désignent
des MÉCANISMES CONSTANTS non des groupes variables
et instables.
-
- Roland
Huckel, professeur de philosophie
- Groupe
ADVS - Strasbourg 1988
|
-
-
-
- Les
3 degrés d'intensité du phénomène
des groupes "sectaires"
-
- Essai
de codification du phénomène des
groupes "sectaires"

Le
champ d'application de ces conventions ne s'étend
pas au-delà du phénomène des "sectes"
Roland
Huckel - Groupe AVDS Strasbourg 1988
|
-
- EXEMPLE
D'APPLICATION DU TABLEAU DES DEGRÉS DE DANGEROSITÉ
DES GROUPES PLUS OU MOINS RELIGIEUX
-
- Le
PATRIARCHE est souvent déclaré "secte".
Récemment,
l'un de nos adhérents a réussi à
faire chasser d'une grande surface des jeunes ex-drogués,
vendeurs du "JOURNAL POSITIF", en déclarant
au gérant que "selon l'ADVS, le PATRIARCHE
est une secte".
-
- J'ai
visité une communauté thérapeutique
de Lucien ENGELMAJER installée au COL DE
FOUCHY (entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin); j'ai
étudié de près le rapport remis
par Madame Anne JACOB aux "CAHIERS DE PSYCHOLOGIE
SOCIALE" (UNIVERSITE DE LIÈGE), qui se réfère
à une typologie des sectes établie
en 1963 par WILSON (qui ne voit de sectes que dans
la mouvance religieuse).
-
- Mes
conclusions sont très nuancées.
-
- Oui,
ENGELMAJER, son comité de 12 membres, ex-drogués,
et une centaine de responsables des 60,centres (tous
des victimes, extrémistes, enfermés,
ignorant leurs fonctions victimaires) forment le
degré C des groupes (religieux, philosophiques
ou autres ...). Le noyau dur du PATRIARCHE est une
secte.
-
- Sur
les 6000 personnes de cette communauté (si
l'on peut dire), quelques centaines restent accrochées
:
peur de sortir dans le "monde extérieur
où la mort des drogués est certaine",
confiance dans le système qui a réussi
à les sortir de la misère narcotique
...
Voilà le degré B. Il est difficile
à ce niveau de s'extraire du cocon sectaire,
mais non impossible.
-
- Enfin
la grande masse - peut-être 5000 membres
du PATRIARCHE - en sont au degré A. Confiés
par les tribunaux aux centres de désintoxication
(60 % des membres du PATRIARCHE seraient en
prison sans leur acceptation de se faire désintoxiquer)
ou refusant la
dualité (le salut avec le PATRIARCHE ou bien
le SIDA, et la mort loin de lui), ces ex-drogués
quittent leur centre dès qu'ils se sentent
stabilisés. Ils
représentent
- le
degré A, grâce à leur modération,
à leur ouverture (sur l'extérieur
et l'autre), et
à leur perception du danger.
-
- Dire
"Le PATRIARCHE est une secte", constitue
une signification dangereuse. Reste l'argument
avancé par l'UNADFI : libérés
de la drogue, les disciples d'ENGELMAJER deviennent
dépendants de l'image du Patriarche.
-
- Si
vous avez un fils, désintoxiqué par
le Patriarche, qui reste depuis sur la bonne voie,
parce qu'il garde le culte de "l'homme à
la barbe blanche, le seul à sauver les drogués",
eh bien vous serez sans doute bien content.
-
- Ne
sommes-nous pas tous dépendants de l'image
mythique d'un ou de plusieurs modèles que
nous avons choisis?
-
- La
dépendance n'est pas un mal en elle-même
:
c'est une onction (selon le chercheur René
GIRARD, c'est même une fonction "mimétique"
très importante qui cache le mécanisme
de la victime émissaire...).
-
- Non,
je ne plaide pas en faveur du PATRIARCHE : c'est
en faveur du réalisme que j'argumente ici,
avec son grand ennemi : notre tentation (à
tous) de regrouper les évènements
sociaux, trop complexes, dans des termes tout faits,
pratiques ... "évidents" !
-
- Le
passe-partout "secte" n'ouvre plus aucune
porte ... il risque de nous les fermer toutes au
nez.
-
- Roland
Huckel
- novembre
1988
|
-
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