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- Rapport
de la Miviludes - mars 2005
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- L'Express.fr avec AFP
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22 mars 2005
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- Un rapport s'alarme de la
progression du satanisme
- Le rapport annuel de la Miviludes, présenté mardi par son président
Jean-Louis Langlais, s'alarme de la "progression sensible du satanisme" et
souligne les risques de dérive dans l'enseignement hors contrat.
- Jean-Louis Langlais,
- président de la Miviludes
- © AFP/Archives Georges
Bendrihem
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- "Si l'action des grands mouvements
sectaires se tasse, a souligné le président de la Mission interministérielle de
vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, l'activité des petits
groupes se diversifie".
"L'air du temps est propice à des manifestations
dont on ne sait si elles relèvent du charlatanisme ou des dérives sectaires",
a-t-il ajouté, soulignant la difficulté de cerner le phénomène de "dérive
sectaire".
Le rapport souligne "une progression sensible des dérives
satanistes en France qui ont pu se manifester dans un certain nombre de
profanations".
La mission met en garde contre "une mouvance très présente
sur le réseau internet et qui, pour recruter de nouveaux adeptes, profite de la
vague gothique, posture esthétique très +tendance+ en faveur chez les
adolescents".
Dominique Bitton, qui a conduit une étude pour la Miviludes
sur les sites gothiques de l'internet, a souligné les "liens diffus" entre
gothisme et satanisme, remarquant que "nombre de sites gothiques ont des
passerelles aboutissant à des sites beaucoup plus radicaux". M. Langlais
a néanmoins mis en garde contre les "risques d'amalgames" concernant la mouvance
gothique, soulignant qu'il convenait de n'être "ni trop alarmistes ni
naïfs".
La Miviludes, dont l'une des missions essentielles est "la
protection des mineurs", a également attiré l'attention sur le cas des "quelque
40.000 enfants scolarisés dans les établissements d'enseignement privés hors
contrat et ceux ayant choisi l'enseignement à distance".
"Ces formes
d'enseignement, lit-on dans le rapport qui ne cite aucun établissement, ne sont
pas à l'abri de dérives pédagogiques pouvant être parfois de nature
sectaire".
Le rapport met en garde aussi contre "la banalisation de
l'ésotérisme et de l'occultisme", perçue "dans le vocabulaire ambiant, la presse
grand public ou féminine, le développement des médecines qui se proclament
douces ou parallèles".
"Les conséquences d'une telle conception du monde
ne sont pas anodines", remarque la Miviludes, indiquant "quel prix a la vie, si
on peut en avoir à l'infini ? Qu'enseigner aux enfants, s'ils n'ont pas le bon
karma et que leur vie actuelle ne peut pas évoluer?"
La Miviludes dénonce
également les régimes "hygiénistes" parfois proposés dans des maisons de jeûne
"qui peuvent inquiéter lorsqu'ils concernent des enfants". Le rapport cite ainsi
le décès d'un bébé de 17 mois causé par un régime végétalien
inadéquat.
Parmi les autres évolutions récentes, le rapport met en
exergue le développement de microstructures comme le groupe Néo-Phare (secte
apocalyptique) dont le gourou Arnaud Mussy a été condamné à trois ans
d'emprisonnement avec sursis à Nantes mais aussi un "essaimage" de sectes plus
anciennes et plus connues comme les adeptes de Ron Hubbard (Scientologie) ou de
Moon.
Enfin la Miviludes note que nombre d'interrogations lui ont été
adressées sur certaines pratiques du monde de l'entreprise dans "un contexte qui
tient parfois d'une mise en état de sujétion".
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RAPPORT 2004 de la MIVILUDES
Consultation en ligne :
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| Rapport 2004 au format PDF | |
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- RAPPORT
2004 présenté à la presse
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- CONFERENCE
DE PRESSE
- par
Jean-Louis LANGLAIS, président de la MIVILUDES
- mardi 22 mars 2005
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- Je
vous remercie d’être venus nombreux à
cette conférence de presse où je souhaite
vous présenter le rapport 2004 de la Mission
interministérielle.
-
- L’an
dernier, le rapport titrait sur « les Dérives
sectaires », voulant ainsi mettre l’accent
sur l’agissement plus que sur le mouvement. Cette
inflexion dans l’approche du phénomène
est aujourd’hui bien comprise et se trouve, je crois,
partagée par la majorité des acteurs.
Elle est évidemment moins « pratique
» que celle du « listing ». Elle
oblige à faire preuve d’un discernement au
cas par cas. Mais elle est la meilleure pour concilier
le
- respect
des libertés et la répression des
atteintes à la loi.
-
- Cette
année, le rapport s’intitule « le Risque
sectaire ». Il veut ainsi braquer le projecteur
sur ce qui constitue en quelque sorte l’environnement
de la dérive, sur les notions d’emprise et
de dommages, et sur les actions de prévention
qui pourraient être mises en place notamment
pour mieux assurer la protection des mineurs.
-
- Permettez-moi
de survoler le plan de ce rapport avant d’aborder
les propositions qu’il présente in fine.
- Le
plan s’articule classiquement en deux parties :
- la
première s’attache à rendre compte
des principales activités menées en
2004,
- la
seconde s’efforce de présenter un certain
nombre d’analyses plus prospectives.
- Parmi
les activités recensées, je soulignerais
volontiers les points suivants.
-
- 1
– Deux lois sont intervenues qui intéressent
indirectement notre domaine
-
- -
la loi sur la réglementation du titre de
psychothérapeute
- -
et la loi dite «bioéthique»
-
- La
première, en instituant un registre national
des psychothérapeutiques, mentionnant des
formations suivies par le professionnel va permettre
de limiter les cas d’auto-proclamation.
-
- La
seconde en interdisant la publicité en faveur
du clonage reproductif va pénaliser – et
lourdement - les opérations de promotion
du type de celles dont les Raëliens sont coutumiers.
-
- 2
– Dans les jurisprudences, maintenant, on relève
plusieurs jugements particulièrement importants
-
- Mais
je m’attarderai sur un seul d’entre eux parce qu’il
constitue la première application de la loi
de juin 2001. C’est
une affaire jugée à Nantes, frappée
d’appel, et où le tribunal correctionnel
a condamné le 25 novembre 2004 le dirigeant
d’un groupement dit « Néophare »
à trois années d’emprisonnement avec
sursis et à cinq années de mise à
l’épreuve. L’affaire est exemplaire à
un double titre. D’une part, c’est la vigilance
administrative qui a permis de déceler et
de suivre les activités d’un petit groupe
de personnes qui avaient en commun une conception
ésotérique et apocalyptique du monde.
Cette surveillance n’a pu empêcher
- le
suicide d’un des membres mais a évité
la propagation de tels gestes.
-
- Le
jugement ensuite est remarquable en ce qu’il reconnaît
le «gourou» coupable d’avoir abusé
de l’ignorance et de la faiblesse de quatre adeptes
en état de sujétion psychologique
ou physique … ce qui est très directement
inspiré des dispositions de la loi About-Picard
intégrées dans l’article 213-15-2
du Code pénal. Ainsi
est établi un lien entre le suicide d’une
personne et l’emprise exercée par un tiers,
emprise jugée ainsi condamnable.
-
- 3
– Dans les rapports d’activités administratives,
je soulignerai le fonctionnement très régulier
des instances nationales, le Conseil d’orientation
et le comité exécutif, qui se sont
réunis en moyenne tous les deux mois – dans
une ambiance très constructive, malgré
les points de vue très différents
qui y sont représentés
-
- Au
plan local, l’activité fut également
soutenue. Une douzaine de préfectures supplémentaires
ont réuni au cours de l’année une
cellule de vigilance et des correspondants régionaux
de la MIVILUDES se sont partout
mis en place.
-
- Ajoutons
à cela les organes spécialisés
au sein du Ministère de la Justice, de l’Intérieur,
de la Défense, de l'Education nationale,
du Travail et de la Santé. On se trouve ainsi
en présence d’un dispositif administratif
sans
égal. Aucun autre pays ne dispose d’un outil
législatif et administratif de cette envergure.
Ce dispositif, depuis deux ans, s’est renforcé.
Loin de baisser la garde, je prétends que
le niveau de vigilance s’est élevé
et je peux vous dire que nos voisins et alliés
sont souvent étonnés de voir notre
détermination.
-
- 4
– « Quels en sont les résultats ? »,
allez-vous me demander ?
-
- Vous
ne trouverez pas ou peu de chiffres dans ce rapport,
parce que, après deux ans d’observation,
je sais que les chiffres dans ce domaine encore
plus sûrement que dans d’autres, sont peu
fiables et qu’ils sont parfois utilisés à
plus ou moins bon escient. Les observateurs s’accordent
en général à constater que
l’action des grands mouvements se tasse mais que
l’activité des petits groupes se diversifie.
L’horreur des suicides collectifs nous a été
épargnée ; certains mouvements orientaux
ont disparu de nos villes. Les effectifs de soi-disant
Eglises semblent stagner.
-
- Les
plaintes déposées auprès des
procureurs en tout cas ne sont pas en expansion.
En revanche, l’air du temps est propice au développement
de toutes sortes de manifestations dont il est difficile
de dire si elles sont de nature sectaire ou si elles
relèvent du simple charlatanisme.
-
- La
banalisation de l’ésotérisme et de
l'occultisme assure le succès de livres et
de produits kabbalistiques. Des stars y associent
leur image. Les revues de psychologies, certaines
sérieuses, d’autres moins, obtiennent des
tirages records. Les médecines plus ou moins
douces concurrencent la médecine éprouvée.
-
- Comment
distinguer dans tout cela le bénéfique
et le dangereux ? Et surtout, ce qui ressortit au
domaine privé et ce qui touche à l’ordre
public ? Nombreuses sont les affaires en effet qui
constituent des drames familiaux
mais qui ne doivent pas entraîner pour autant
une intervention de la puissance publique. Le contrôle
du juge administratif est là pour rappeler
à l’administration, nationale ou locale,
les limites à ne pas franchir.
-
- L’exemple,
très médiatisé du projet d’implantation
d’une «Salle du Royaume» dans le département
des Vosges est révélateur des forces
en présence, du rôle que peuvent jouer
les différents acteurs : élus locaux,
élus nationaux, associations de défense,
opinion publique – et du contenu que revêt
la notion d’ordre public ;
-
- Au
total, on peut dire que la France semble aujourd’hui
mieux préservée que d’autres pays
de débordements sectaires.
Elle
n’est en tout cas pas un pays d’accueil pour des
mouvements qui préfèrent implanter
ailleurs leurs sièges sociaux ou leurs vitrines.
-
- Le
maillage extrêmement serré du dispositif
administratif de vigilance n’est sans doute pas
étranger à cet état de fait.
Les groupes «problématiques»
savent sans doute que l’autorité administrative,
ou le simple citoyen, ne manqueront pas d’effectuer
auprès du procureur de la République
un signalement susceptible d'entraîner des
poursuites.
-
- Au
cours des années dernières, une cinquantaine
«d’affaires» ont ainsi été
introduites en justice : 21 en 2003, 30 en 2004.
Le chiffre est évidemment très inférieur
au nombre d’interrogations qui ont pu être
formulées
auprès des administrations ou des associations
(l’UNADFI signalait avoir été interpellée
au sujet de près de six cents groupements
ou mouvements). Il y a dans l’opinion une réelle
inquiétude où, en tout cas,
- une
interrogation latente sur le risque sectaire. La
réponse se trouve dans une action de pédagogie
permanente, et un renforcement de l’esprit critique.
-
- 5
– C’est pour aider les agents publics à faire
ce type de discernement que nous avons publié
un Guide, le Guide de l’agent public face aux dérives
sectaires, afin de leur donner quelques repères
pour l’analyser
-
- C’est
évidemment moins pratique qu’une liste de
mouvements répertoriés, mais cela
répond mieux à la démarche
qui doit être celle des fonctionnaires d’un
Etat de droit.
-
- Dans
un ordre d’idée voisin, nous venons d’éditer
les Actes du séminaire universitaire monté
en 2004 avec le concours de l’École pratique
des hautes études qui constitue un recueil,
à ce jour, unique, des contributions de toutes
disciplines et de toutes tendances sur les rapports
entre la laïcité et le sectarisme. Dans
le cadre du centenaire de la loi de 1905, je suis
d’ailleurs invité par l’Académie des
sciences morales et politiques à faire prochainement
un exposé sur ce thème.
-
-
- Passons
maintenant, si vous le voulez bien, aux propositions
-
- -
D’abord, pour faire le bilan de la mise en oeuvre
des propositions de l’an dernier.
- -
Ensuite, pour présenter les nouvelles orientations.
-
- Le
bilan des propositions faites l’an dernier est plus
que satisfaisant puisque neuf sur dix ont été
mises en oeuvre
-
- 1.
La Chancellerie a donné toute garantie sur
l’absence de poursuite d’un médecin qui lèverait
le secret médical pour révéler
les sévices ou privations physiques ou psychiques
qu’il aurait pu constater.
-
- 2.
La sensibilisation des professions juridiques a
été recherchée par l’organisation
avec le Conseil national des barreaux d’un colloque
sur «l’avocat face aux dérives sectaires».
Cette journée a notamment permis d'avancer
sur la notion de dommage dont les victimes pourraient
demander réparation – au civil – sans préjudice
de la poursuite pénale.
-
- 3.
Les cas de refus de soins – ce qui est plus large
que la seule transfusion sanguine – ont été
examinés dans le cadre notamment d’une circulaire
adressée par la Direction des hôpitaux
à ses établissements.
-
- 4.
L’aide aux victimes et aux associations qui les
représentent a été manifestée
par l’édition d’une plaquette grand public
tirée à 40.000 exemplaires et par
l’ouverture d’un site internet MIVILUDES qui délivre
un certain nombre d’adresses utiles. Pour la première
fois d’ailleurs, le rapport 2004 fait une place
à l’action des deux grandes fédérations
d’associations, l’UNADFI et le CCM, l’Union nationale
des associations de défenses de la famille
et des individus et le Centre de documentation,
d’éducation et d’action contre les manipulations
mentales.
-
- 5.
Je passe sur les questions d’organisation administrative
qui ont été traitées.
-
- 6.
Le seul point qui reste en suspens et qui est incontestablement
le plus difficile, est celui des délais de
prescription. On sait qu’elles sont les difficultés
d’un ancien adepte pour parvenir à se reconstruire
et à porter plainte éventuellement
contre l’organisation d’origine.
-
- Les
règles de prescription peuvent l’empêcher
d’agir. Le rapport avait souhaité que les
délais puissent être allongés.
Une proposition de loi déposée par
un groupe de parlementaires a souhaité les
porter à dix ans. La Chancellerie a indiqué
qu’elle prenait en compte cette préoccupation
dans le cadre d’une réflexion d’ensemble
sur les délais de prescription – ce qui repousse
sans doute dans le temps l’adoption d’une mesure
spécifique aux agissements sectaires.
-
-
- Dans
le rapport de cette année, est proposée
à nouveau une dizaine de mesures que je vais
davantage détailler.
-
- Ce
sont des mesures ou des orientations, sans doute
plus générales et plus ambitieuses
que celles de l’année dernière. Elles
nécessiteront une mise en oeuvre qui dépassera
sans doute le cadre annuel. J’insisterai sur sept
d’entre elles.
-
- 1.
Développer une action de prévention
à l’égard des jeunes.
-
- Comment
parler des sectes –utilement – sans jouer d’un
registre émotionnel, sans opérer
un contre-effet de séduction ? Cette
problématique est bien connue des psychologues
qui se penchent par exemple sur les phénomènes
d’addiction à la drogue. Ici, je dirai
que le sujet est encore plus délicat
car il touche aux problème de la croyance
– de celle de sa famille ou de ses proches –
et qu’il met en jeu les libertés les
plus fondamentales. Une étude sera donc
menée sur les messages de prévention
qui pourraient être utilisés. Dans
le présent rapport, une étude
sur le gothisme et le satanisme fournit un exemple
de discours à destination des adolescents.
-
- 2.
Contrôler l’accueil à domicile
des personnes vulnérables.
-
- On
vise ici à la fois les enfants gardés
dans les familles et les personnes âgées
ou handicapées qui font l'objet de maintien
et de soin à domicile. Dans les deux
cas, ce sont les services d’aide sociale qui
délivrent les agréments des assistants
ou assistantes. Ce sont donc des conseils généraux
ou les maires qui sont très généralement
compétents ; les services de l’Etat sont
en seconde ligne. Ils peuvent toutefois délivrer
des conseils et fournir des éléments
d’appréciation utiles. La MIVILUDES souhaite
que le risque de dérive sectaire soit
bien identifié dans ces différents
documents.
-
- 3.
Renforcer le contrôle de l’obligation
scolaire.
-
- Depuis
la loi de décembre 1998, le contrôle
a été mieux établi et le
nombre d’enfants instruits dans la famille est
passé de plus de six mille en 1998 à
moins d’un millier en 2005, ce qui réduit
d’autant les risques de voir se développer
les classes autarciques.
-
- En
revanche, les quelque 40.000 élèves
scolarisés dans les établissements
privés hors contrat, et ceux ayant choisi
l’enseignement à distance ne bénéficient
pas de tels contrôles. Il conviendrait
donc de les renforcer sur ce plan. De même
conviendrait-il de valider les diplômes
délivrés par certains établissements
d'enseignement supérieur privés,
dans le champ de la santé notamment.
-
- 4.
Sensibiliser les milieux économiques
-
- La
Mission a été ces derniers mois
l’objet de nombreuses questions émanant
de dirigeants d’entreprises ou de bénéficiaires
d’action de formation, portant sur tel ou tel
type de prestations proposées. La floraison
des offres de coaching est évidemment
à situer dans ce contexte. La MIVILUDES
s’efforcer d’élaborer, en réponse
à ces interrogations, un programme de
sensibilisation destiné aux managers
ou aux étudiants et qui présentera
une analyse de risques et des mesures de protection
susceptibles d’être adoptées par
les entreprises. Certains parlementaires par
ailleurs songent à demander une commission
d’enquête sur les risques de dérives
sectaires dans le domaine de la formation professionnelle.
La MIVILUDES ne peut qu'appuyer cette démarche.
-
- 5.
Développer la recherche universitaire
-
- Le
séminaire « Sectes et Laïcité
» a montré entre autres choses
que le dialogue était possible, et sans
doute fructueux, entre spécialistes d’origine
ndiverses et notamment entre universitaires
et acteurs administratifs. Le projet serait
donc d’une part de développer un centre
de documentation interdisciplinaire, et d’autre
part, de mener un certain nombre d’études
de terrain qui associeraient chercheurs et administratifs.
Les DOM-TOM pourraient en particulier fournir
des exemples d’études privilégiés.
L’exemple de certains pays étrangers
qui ont organisé avec plus ou moins d’envergure
des dispositifs d'observation nous aidera à
dimensionner notre dispositif.
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- 6.
Préciser la notion de dérives
sectaires
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- En
lui fixant comme objet la lutte contre les dérives
sectaires, le décret de novembre 2002
en a fourni une définition large : «agissements
attentatoires aux droits de l’homme et aux libertés
fondamentales, ou constituant une menace à
l’ordre public ou étant contraire aux
lois et règlements».
-
- Cette
extension donne naissance à d’inévitables
problèmes de frontière entre ce
qui relève de la dérive sectaire
et ce qui relève de la charlatanerie
ou de l’escroquerie. Mais plus gravement encore,
outre le sectarisme et le communautarisme, le
fondamentalisme et le terrorisme. Il y a donc
là besoin d’une meilleure précision
du champ de compétence de la Mission
qui interrogera le Conseil d’orientation sur
ce point.
-
- 7.
Etablir une circulaire interministérielle
-
- Une
circulaire interministérielle pourrait
opportunément encadrer les instructions
émanant des différents services
administratifs représentés au
sein du Comité exécutif de la
MIVILUDES. Un texte d’ensemble, commun aux différents
services, permettrait d’assurer la cohérence
des discours, de fournir au décret de
novembre 2002 un commentaire actualisé,
et de préciser, modestement, quelle est
la philosophie de l’action. Voilà l’essentiel
de ce que je souhaitais dire en introduction
avant de répondre, avec l’aide de mes
collaborateurs, aux questions que vous voudriez
me poser.
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- Jean-Louis
LANGLAIS
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RAPPORT 2004 de la MIVILUDES
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